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Albanie - Tirana
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de Emma, 28-08-2008 |
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Albanie |

Prélude : petit topo historique, ce que l'on peut lire ici et là...
L'Albanie, ou le pays fermé ! Voilà en gros ce que l'on sait de ce pays qui devient communiste on ne sait comment après la guerre, se plaçant d'abord sous la tutelle de Tito, qui est assez rapidement rejetée, trop de proximité... Le régime d'Enver Hoxha se tourne alors vers l'URSS Stalinienne, avant de s'en séparer violemment à la mort de ce dernier, coupant par la même occasion toutes les aides financières et économiques dont la survie du pays dépendait. Le pays se tourne alors vers la Chine, mais à la mort de Mao, même topo : on rejette le nouveu régime chinois, et les Albanais se retrouvent absolument tous seuls dans les années 1980, sans rien à manger (les vaches sont nationalisées en 1981, et la volaille peu longtemps après...) Ilôt du communisme le plus pur, dur et fermé qui soit, avec 200 voitures pour tout le pays, essentiellement propriété de l'intelligentsia communiste. Les dernières économies du pays vont à la construction de bunkers, (1 pour 4 habitants) pour « protéger l'Albanie de ses ennemis extérieurs ». Bien évidemment, impossible de fuir, sous peine d'être abattu à la frontière, ou condamné à de lourdes peines de prison... A la mort d'Enver Hoxha, le régime devient de plus en plus nationaliste... cela tiendra jusqu'en 1992, quand des foules prennent d'assaut les ambassades étrangères. Le régime craque, et une génération ouvre les yeux à un monde dont elle ignore tout. Beaucoup profitent de l'occasion pour émigrer, en Grèce et en Italie notamment.
Voilà, le ton est donné. A peine la frontière passée, nous nous retrouvons face à ces fameux bunkers. Petites boules grises qui ponctuent le paysage et nous montrent à quel point des idées extrémisées peuvent être dangereuses. Comme ils sont le plus souvent à l'abandon, on se demande à quoi ils peuvent bien servir aujourd'hui : toilettes, abris de jardin, cabane pour les enfants, lieu de rdv pour les amoureux, maison secondaire pour les invités, cabane de pêcheur ou de chasseur, selon l'endroit, arrêt de bus, benne à ordures, parc pour les poules, réservoir d'eau (alors là, voir Camille, j'ai pas trop compris comment...), Garage à vélo ou à scooters, niche géante, abri pour les oiseaux, cave... Bref, postez vous aussi vos bonnes idées sur www.recycletonbunker.com ou le grand jeu de l'Albanie. Sur la route qui sillonne de vallée en vallée, caressant les montagnes, nous observons qu'il y a moins de drapeaux Albanais en Albanie qu'au Kosovo... Routes tranquilles de campagnes, où il y a de vrais épouvantails dans les champs et où l'on cloue par les oreilles de grosses peluches sur les maisons en construction. Beaucoup de belles, trèèèès belles voitures sur les routes, de parcs automobiles plus ou moins à l'abandon où l'on aperçoit parfois des limousines toutes neuves... Au milieu de nulle part, incroyable ! Incroyable ? On nous rappellera assez souvent que 80% de l'économie Albanaise est informelle.
Bref, arrivées à Tirana après avoir l'impression d'avoir fait le tour du pays (le bus passe d'abord par le bord de mer avant de revenir ensuite vers l'intérieur), nous découvrons peu à peu la ville et ses différents quartiers. D'abord, le centre, la place principale avec les musées, la vieille mosquée, Plus loin, les quartiers chics, où sont installées toutes les organisations internationales, dont les restaurants et les parcs se remplissent de toute la jeunesse de la ville à la nuit tombante. Autour de nous, partout dans la ville, nous observons que tous les immeubles sont étrangement colorés... Rien de conventionnel ici : parfois des petits carreaux, parfois des flèches, parfois des feuilles d'arbres, parfois de gros pois... On nous explique que le maire de Tirana était un artiste, qu'il a longtemps été peintre en France, qu'il est devenu ministre de la Culture en rentrant au pays, puis maire de la ville, portant au paysage urbain une petite touche de folie, toute en couleur! Ca donne un ensemble plutôt délirant, assez sympa et vivant !
Nous nous rendons à l'autre bout de la ville, et si les HLM pigmentés sont une constante, le reste n'a rien à voir, nous atterrissons dans un grand terrain vague, où l'on trouve bien évidemment quelques bunkers, mais aussi le « quartier » Rrom. Maisons de carton dans la broussaille jaune. Juste à côté, le marché noir. On y trouve de tout, des tomates fraîches aux petits ordiinateurs, dans une ambiance plutôt joviale malgré les 40°.
Nous rencontrons ensuite Bjanka et son ami, étaudiants en communication et en droit, travaillant tous deux pour une émission télévisée consistant à retrouver des disparus. Ils nous expliquent : « On reçoit tous les jours des coups de téléphone de gens qui ont perdu quelqu'un de leur famille et qui veulent passer par nous pour les retrouver. On commence alors une enquête, et desfois ça marche, on arrive à réunir des gens qui s'étaient perdus de vue pour diverses raisons. Parfois on a des situations très particulières, des gens qui ne veulent pas être retrouvés, ce genre de choses... » En tout cas, ils sont emballés par leur travail, mi détectives mi journalistes... On en vient à des conversations plus triviales : le pays, les bunkers, l'histoire, l'image qu'on se renvoie des différents côtés des frontières...
Ils ne sont qu'à moitié surpris quand on leur donne l'image de l'Albanie que nous avons en France, tout ce qu'on a entendu avant de partir « ah oui les Balkans, ça va, mais surtout, surtout, n'allez pas en Albanie! On vous attrapera et on fera de vous des esclaves ! Et puis il n'y a rien à voir là bas, c'est trop dangereux! » Tableau un peu noir, heureusement démenti par certains connaisseurs... Bjanka nous reprend tout de suite : « Non, nous ne sommes pas les brigands de l'Europe! Oui, l'économie est informelle ici, et oui, nous avons beaucoup de problèmes, mais aujourd'hui, il n'y a pas plus d'insécurité ici qu'ailleurs! Et puis il y a beaucoup à voir, les montagnes au nord, les plages au sud, magnifiques, la culture, métissée... Nous sommes un pays multi confessionel, islam, christianisme, orthodoxie, tous sous diverses formes, et nous vivons ensemble sans problème, sûrement du fait de notre passé communiste. Il y a beaucoup à faire, à voir, à apprendre ici, comment peut on juger sans savoir ? »
la suite à venir bientôt... |

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Commentaires sur cet article
Alain
Hello !
Ca fait plaisir de voir que vous avez brave les cliches pour traverser sans peur et sans reproche ce dangereusissime pays de brigands, et qu en plus - je cherche encore l apostrophe sur les claviers slovaques - vous avez survecu !! ;)
Bon apparemment vous etes rentre au pays, la tete pleine de souvenirs j imagine. Moi je viens d arriver a Bratislava, il fait froid, j avoue que les Balkans me manquent...
Aventureusement,
Alain
Thérèse Lebot
merci pour cette mise à jour sur l'Albanie, pays que j'ai visité en juillet 1976,dont j'ai essayé de suivre l'évolution par les journaux.
merci pour toutes les infos des pays traversés.
bonne continuation et bonne année scolaire.
portez-vous bien Thérèse
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