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Nous sommes deux étudiantes en Sciences Politiques, à l’Institut d’Études Politiques d’Aix en Provence, presque satisfaites de la qualité de nos études globales, mais en demande d’expérimentation pratique, de travail de terrain. Nous avons toutes deux choisi en deuxième année l’option « Information-Communication », sûrement parce que nous aimons écouter des histoires, lire des témoignages, rencontrer des acteurs, comprendre, décortiquer et écrire. Nous aimons cela, nous voulons faire cela. Chacune à notre façon, nous sommes ensuite parties en troisième année, dans le cadre d’une année de mobilité où –presque tout- est permis. |
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Emma J’ai grandi sur une île, la Réunion, et très vite, en réponse à « l’effet aquarium » créé par l’insularité, j’ai ressenti le besoin de partir… Ce qui nous fait… nous défait… J’ai postulé, et bénéficié deux fois des bourses Zellidja (voir leur site internet, www.zellidja.com) offrant à des jeunes âgés de 16 à 20 ans la possibilité de partir explorer une région de leur choix, moyennant certaines conditions : partir seul pour une durée d’un mois minimum, avoir un sujet d’étude qui structure notre voyage, s’engager à rendre un certain nombre de rapports. C’est donc sur les routes d’Europe Centrale que j’ai pris, lors de l’été 2006, le goût du nomadisme et de l’autonomie, en partant faire une étude sur la mémoire et l’identité européenne le long de l’ancien rideau de fer. Impossible de s’arrêter ensuite : j’ai passé l’été 2007 à Cuba, sur une étude sociopolitique (à quoi rêvent les Cubains ?). Ces deux expériences de voyages initiatiques m’ont stimulée et ouvert les yeux sur la nécessité d’un échange. Je sais désormais que je voyage pour comprendre, me confronter à une autre réalité, parce que l’on a tout à apprendre des autres, et parce qu’il est nécessaire, à l’ère de la mondialisation, de s’interroger sur ce qui est important pour nous, de poser des valeurs qui donnent sens à nos vies et à nos actions. Le voyage est pour moi un questionnement permanent, une quête. J’ai passé cette année en Turquie, à Istanbul, et ce choix n’est pas non plus anodin. Me voici posée sur une des frontières de l’Europe, à nouveau confrontée à des problématiques européennes, identitaires, communautaires, religieuses. Un an passé au cœur de cette ville chaotique où le choc culturel est quotidien ! J’ai effectué quelques voyages dans la région au cours de l’année, en Bulgarie et en Iran, qui m’ont permis d’approfondir ma connaissance de ce pays, et de cette région. Cela me conforte dans la volonté de réaliser ce projet cet été. Camille Pour ma part j’ai débuté un stage à Bruxelles auprès de réalisateurs de documentaires dans une société de production audiovisuelle, Iota Production, qui a bâti sa réputation sur la production de documentaires. De cette expérience de neuf mois, j’ai acquis la connaissance du milieu de l’audiovisuel belge, du cinéma documentaire, les qualités logistiques pour réaliser un film et compris que décidément, ces choses là ne se font pas en un jour. J’ai été choisie pour être l’assistante d’un réalisateur chevronné, qui est à la source d’un projet ambitieux, sur les travailleurs du nucléaire. Depuis l’été 2007, je travaille donc à ses côtés : j’effectue des recherches documentaires, d’archives, et je m’occupe de également de la recherche de contacts. Cette partie, si ardue, est particulièrement intéressante et motivante car elle m’en apprend sur la démarche humaine du cinéaste. Les entretiens, les interviews que nous faisons sont également l’occasion de tisser des liens avec nos « sujets » et d’apprendre de nouvelles choses. J’acquiers ce que je recherchais le plus : une compétence technique dans un milieu où se faire une place est difficile. J’ai, aujourd’hui, trouvé en lui plus qu’un mentor : un ami et une personne qui sait nous guider, nous aider dans la préparation et les tâtonnements de nos débuts dans ce projet. Une chose est sûre, pour lui, il faut toujours foncer, filmer, pour ne pas rater l’instant magique ! Concernant ce projet, je suis animée par un désir tout particulier. Ma grand-mère est d’origine grecque, sa famille vivait en Asie Mineure, dans la partie occidentale de la Turquie à Smyrne. Ils ont dû quitter la région puis se sont installés en France. Depuis, ma famille est restée attachée à ces origines. Mes deux parents parlaient couramment la langue grecque et j’ai passé tous les étés entre 2 ans et 15 ans en Grèce. J’ai d’ailleurs décidé d’approfondir ma connaissance de la langue. En effet, j’en possède une certaine compréhension mais je ne me sens pas assez assurée encore pour parler. J’espère pouvoir expérimenter mes progrès avec mon père et ma grand-mère, puis lors de notre voyage.
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