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Slovénie - Ljubljana


de Nous, 17-07-2008

Ljubljana


Ljubljana n'a, pour nous, vraiment rien d'une capitale. Peut être est ce parce que c'est l'été, mais même le flot de touristes (italiens, français, espagnols, japonais), qui y ont élu domicile n'arrive pas à troubler la quiétude de ces lieux... Jamais vu ville si verte, si aérée, si douce à vivre. Ses habitants se laissent couler doucement, comme les eaux de la Ljubljanitsa, qui parcourt la ville... Les cafés sont pleins à toute heure et les marchands de glace, postés à chaque coin de rue, font barbe d'or en permanence.

Nous, évidemment, on est bien, là... Toutes contemplatives qu'on est, on a trouvé un petit coin de paradis... De la verdure partout pour moi, des montagnes tout autour pour Emma (super vue depuis le chateau, et même un peu de grimpette pour monter jusque là).
En plus de ça, les glaces et les bureks (comment peut on vivre sans) sont là... Mais que demande le peuple?

Notre hôtesse de l'étape, Janja, est super. Elle est venue nous récupérer près de la gare lundi soir sous la pluie, nous a offert du thé et le gîte donc. Elle est cool, toute bavarde et son appart est tout mignon, il nous a même donné des idées de déco (elle a fait des mosaïques sur les murs). Dommage, nous ne profiterons pas trop d'elle car elle travaille toute la journée et nous aussi! Même jusque tard le soir. Toujours est il qu'il qu'on remercie un milliards de fois le site couchsurfing d'exister parce que pour le moment notre voyage ne nous a rien couté en hébergement à part l'affreux bouquet (quelle honte) que nous avons offert aux adorables parents d'Adrea et la jolie plante de Janja (Janja a de la chance, il est plus facile de trouver des jolies choses dans une capitale).

Depuis notre arrivée, beaucoup de choses se sont passées, et pas mal de positif.
Petit retour en arrière juste pour dire que la dernière journée à Gorizia était super, malgré le fait qu'on a couru taper à toutes les portes en quatrième vitesse pour tenter de trouver le maximum d'interlocuteurs. Au final, ça a donné pas mal de résultats puisqu'on a eu deux interviews plus une belle rencontre plus la possibilité de revenir en septembre assister à une université d'été (Emma est à fond).
Nous avons d'abord rencontré Anja, réalisatrice de documentaires issue de la communauté slovène qui nous a donné ses films sur la frontière et l'identité, qu'elle a réalisés grâce à la mise en place de son kinoatelje... Il font un super boulot et on pourra les recontacter pour des diffusions par la suite.
Ensuite, on a rencontré Tatiana, du centre culturel slovène qui nous a expliqué toute la difficulté de mettre en place des partenariats de part et d'autre de la frontière, entre les différentes communautés. Enfin, nous nous sommes entretenues avec le directeur du centre de sociologie de Gorizia, qui nous a raconté son expérience de la frontière et dit son enthousiasme quand à l'intégration européenne. C'est dans ce même centre que nous avons été informées de la possibilité de participer gratuitement à l'université d'été, qui se tiendra cette année entre le 9 et le 18 septembre et aura pour thématique « la Méditerranée sans frontières ». Nous quittons Istanbul le 11, peut être qu'on pourrait y faire un crochet avant d'aterrir à Aix? (Moi, je ne sais pas encore, même si le sujet est super, j'aurais peut être envie de me poser un peu mais Emma adore et adhère!)

Revenons enfin à nous moutons... Ljubljana, disais-je, ville mignonne, douce à vivre et pleine de rencontres.
Nous avons retrouvé notre copine Marusa, que nous avions rencontrée il y 10 jours lors de la journée européenne de la jeunesse à Marseille. Elle nous avait depuis envoyé tout plein de contacts dans nos domaines de recherche. Quand nous la retrouvons sur la place centrale de Ljubljana, elle nous invite à pendre un verre et nous dit qu'elle doit sûrement pouvoir faire encore quelque chose pour nous. Elle prend son téléphone, et rameute toute la Slovénie!
Au bout d'une demi heure, nous sommes six autour de la table, et on a deux rendez vous pour le lendemain. Une des filles qui nous a rejoint, Maja, vit dans une petite bande de terre slovène coincée entre les frontières croate et hongroise. Dans son village, depuis l'indépendance de la Slovénie et le tracé de la frontière, l'espace est coupé en deux et on doit payer un laissez passer pour aller voir ses amis slovènes qui vivent désormais de l'autre côté de la frontière, soit au bout de la rue, le tout au sein d'un village de 400 habitants...
Incroyable... Comme depuis Gorizia et Nova Gorica, on est devenues addict aux frontières, on se dit qu'il FAUT aller voir ça... Maja fait on possible pour nous trouver quelqu'un qui puisse nous accueillir et nous aider à communiquer. Il est vrai que depuis que nous sommes arrivées en Slovénie, on a beaucoup pus de problèmes pour comprendre ce qu'on nous raconte qu'en Italie (on est totales bilingues franco-italien, après trois jours...). Au final, elle ne nous trouve rien, la plupart des gens sont sur la côte croate à friser l'insolation. L'intérieur des terres es vide. Mais on ne se décourage pas, on essaye de trouver une autre solution. On pourrait se rendre dans la ville la plus proche où il y aurait une auberge et essayer de trouver des jeunes gens capables de nous servir d'interprètes et aller faire un tour dans le petit village de Maja pour faire quelques images. Reste à voir la logistique.

Nous rentrons le soir avec plein d'idées de ce que nous pourrions faire et on cherche comment tout mettre en oeuvre. Nous devons aussi contacter Faila, qui a été nominée pour être la femme slovène de l'année, et que Marusa nous a conseillé de rencontré. Elle est membre de la communauté musulmane de Slovénie. Lorsque nous parvenons à la joindre, elle nous invite chez elle à Jesenice, une petite ville à une soixantaine de kilomètres au nord de Ljubljana, totalement à l'opposé de l'endroit où nous voulions nous rendre, au village de Maja. On décide de partir jeudi pour Jesenice car nous pensons qu'il ne faut pas manquer l'occasion de rencontrer une personnalité aussi incroyable que Faila, qui travaille avec son association humanitaire à la paix et au dialogue interculturel dans tous les Balkans et qui peut, outre l'intérêt de son histoire et de son travail, nous aider à trouver des contacts dans tout les pays que nous allons bientôt traverser.

Mercredi, après avoir écrit notre premier article pour Ouest Provence (actuellement en ligne sur le site), nous repartons en ville, où nous attendent nos deux rendez vous de la journée, Kira et Blaš.
Kira est une autre amie de Marusa, qui a fait comme elle des études de relations internationales. Elle a travaillé entre janvier et juin pour la présidence slovène de l'UE. Elle nous parle de cette expérience et des désillusions de sa Slovénie quand à l'Europe. Pour elle, il y a toujours deux poids, deux mesures. Nous ne nous en rendons pas compte, mais il n'est vraiment pas simple d'être un petit état (et si jeune) tel la Slovénie dans l'Union. Pour Kira, la Slovénie n'ose pas encore assez s'imposer, et pourtant les enjeux sont importants, notamment au sujet des communautés slovènes qui vivent dans d'autres états de l'Union, comme l'Autriche ou l'Italie, et qui souffrent encore, malgré l'entrée de leur pays d'origine dans l'Union, de nombreuses discriminations. Elle est assez négative quand à l'Europe, malgré le fait qu'elle ait travaillé à un poste si prestigieux et touché au plus près la marche de l'Union lorsque son pays en avait la présidence... Intéressant.

Nous retrouvons ensuite Blaš. Il travaille pour Amnesty International. Nous discutons avec lui du principal sujet de bataille de l'ONG en Slovénie, le sort des « effacés ». Lorsque la Slovénie est devenue indépendante, en 1991, le statut de résident permanent a été dénié aux personnes originaires des autres républiques de la Fédération de Yougoslavie, alors qu'il était automatiquement renouvelé aux autres étrangers. Pour Blaš, cette triste affaire, qui brisa des famille et conduit nombre de personnes à la rue, est symptomatique du réveil du nationalisme slovène et de la montée des discriminations. L'affaire n'est toujours pas réglée, même si la Cour Constitutionnelle slovène a déclaré que déchoir de leurs droits ces citoyens était anti-constitutionnel. Plusieurs milliers de personnes continuent de se battre pour obtenir la régularisation de leur statut et pour que soit reconnu le préjudice subi. Une manifestation est prévue ce vendredi devant le parlement slovène qui mènera alors une discussion sur ce sujet. Pour Blaš, cette mise en avant de la question au niveau de l'agenda parlementaire n'est que purement électoraliste et destinée à endormir l'opposition avant les élections de septembre.. La question pourrait pourtant être définitivement réglée depuis longtemps, notamment depuis le jugement de la cour constitutionnelle... Seulement, les personnes qui sont au pouvoir aujourd'hui étaient déjà là en 1991...

Suite de la Slovénie à Jesenice...

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